La Commission des Marchés de Capitaux Helléniques (CMCH) a officiellement réfuté le 29 septembre 2026 les allégations selon lesquelles un de ses hauts fonctionnaires aurait informé Binance d’une opposition de la présidente de la BCE à la demande de licence grecque de la plateforme de crypto-monnaies.
Le 18 septembre, des médias économiques américains avaient diffusé l’information que Christine Lagarde aurait influencé le traitement du dossier de Binance par les autorités helléniques, suite à des indications de fonctionnaires grecs que la CMCH était prête à approuver la demande. Selon ces articles, un vice-président de la CMCH aurait confié à Binance que Mme Lagarde avait sollicité le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis pour qu’il rejette la demande. Binance avait retiré sa candidature le 24 juin 2026, sans attendre une décision formelle de l’organisme régulateur grec.
Un démenti ferme et explicite
Dans une déclaration écrite et rendue publique, la CMCH dénonce ces déclarations comme étant sans fondement. « La CMCH réfute de manière catégorique les affirmations qui lui sont prêtées », affirme l’organisme de régulation grec. Lorsqu’interrogée spécifiquement sur les déclarations prêtées à son vice-président envers Binance, la CMCH confirme que son démenti s’applique clairement à ces points.
L’autorité régulatrice précise également qu’elle n’a reçu aucune information concernant la demande de Binance de la part de M. Mitsotakis, de son cabinet, du ministère des Finances ou de tout autre officiel gouvernemental grec. « Aucun fonctionnaire de la CMCH n’a communiqué avec un membre de la BCE à ce sujet, et aucune des déclarations rapportées n’a été émise par la CMCH ou ses représentants », clarifie l’institution. La CMCH insiste sur le fait que ses évaluations sont réalisées de façon autonome et strictement en accord avec les normes européennes et nationales.
La BCE n’a pas souhaité commenter ces informations. Le bureau de M. Mitsotakis n’a pas répondu aux demandes de commentaires. Quant à Binance, la plateforme a choisi de ne pas discuter de cette affaire, précisant qu’elle ne souhaitait pas commenter les rumeurs tout en réitérant son objectif d’acquérir une licence MiCA dans l’Union européenne par le biais d’autres juridictions.
Intégration de la Grèce au registre MiCA
Cette mise au point intervient dans un contexte de régulation importante : la Grèce a enregistré ses quatre premiers fournisseurs de services en crypto-actifs dans le registre MiCA, qui est publié sur le site de l’Autorité européenne des marchés financiers : BCash, Xenios Blockchain Group, Capital Wallet Greece et la banque Piraeus. Ces premiers acteurs grecs sont désormais habilités à offrir leurs services à travers toute l’Union européenne grâce au passeport MiCA, tandis que Binance, la plus grande plateforme d’échange mondial en termes de volume, reste exclue de ce dispositif.
Le registre de l’ESMA comptabilisait 359 prestataires agréés au 29 septembre 2026.